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Conflit de travail en vue chez WestJet: les agents de bord préparent une journée d’action
Alors qu’un possible conflit de travail se dessine à l’horizon, le syndicat représentant quelque 4 600 agents de bord de WestJet et WestJet Encore a confirmé la tenue d’une « journée d’action » afin de faire pression pour l’obtention d’une entente jugée équitable.
Au cours de la fin de semaine, la composante WestJet du SCFP (CUPE) a annoncé deux piquets d’information qui se tiendront à l’aéroport Toronto Pearson (YYZ) le 12 juillet et à l’aéroport international de Calgary (YYC) le 14 juillet.
« Nous avons besoin que tout le monde soit présent, s’implique et fasse entendre sa voix », a écrit le syndicat sur sa page Facebook. « C’est le moment de montrer à l’entreprise et au public que nous parlons d’une seule voix. »
Contrairement à une grève, les piquets d’information sont des manifestations publiques visant à sensibiliser le public aux enjeux de négociation et n’entraînent aucun arrêt de travail.
Où en sont les négociations?
Les agents de bord du réseau principal de WestJet travaillent sans nouvelle convention collective depuis l’expiration de leur précédent contrat à la fin de 2025.
Du côté de WestJet Encore, la convention collective actuelle arrivera à échéance en juillet, et les négociations en vue d’un nouveau contrat sont également en cours.
Les discussions pour les agents de bord du réseau principal ont débuté en septembre dernier, peu après que le syndicat eut signifié à la compagnie aérienne son intention de négocier.
En avril, toutefois, le syndicat a déposé un avis officiel de différend auprès du Conseil canadien des relations industrielles, estimant que les négociations n’avaient pas permis de réaliser des progrès suffisants sur plusieurs enjeux clés.
Cette démarche a déclenché le processus fédéral de conciliation, une étape encadrée d’au moins 60 jours durant laquelle un conciliateur nommé par le gouvernement tente d’aider les parties à faire avancer les discussions.
La période de conciliation a officiellement commencé le 12 mai 2026 et doit prendre fin le 11 juillet.
Si aucune entente de principe n’est conclue et qu’aucune prolongation n’est acceptée, une période obligatoire de réflexion de 21 jours suivra.
À l’issue de cette période, le syndicat pourrait légalement déclencher une grève, à condition d’obtenir un mandat de ses membres. De son côté, WestJet pourrait également décréter un lock-out. Dans les deux cas, un préavis de 72 heures serait requis.
Si une grève devait survenir, il s’agirait du deuxième conflit de travail touchant un groupe syndiqué de WestJet en deux ans, après la grève des employés de maintenance en juin 2024.
Les principaux enjeux
Au cœur du litige se trouve ce que le syndicat décrit comme un écart grandissant entre les tâches effectuées par les agents de bord et leur rémunération.
Selon le SCFP, les agents de bord sont responsables de la sécurité des passagers dès leur prise de service, mais une partie importante de ce temps ne serait pas rémunérée en vertu du modèle actuel.
Le syndicat affirme que les agents de bord effectuent en moyenne 35 heures de travail non rémunéré par mois.
« Les agents de bord exercent un travail de plus en plus exigeant dans un environnement où la sécurité est primordiale, tout en figurant parmi les employés les moins bien rémunérés au Canada », déclarait en avril Alia Hussain, présidente de la section locale 8125 du SCFP.
« Le système qui régit notre rémunération a été conçu pour une autre époque et ne reflète plus la valeur du travail effectué aujourd’hui. »
Le syndicat réclame également des améliorations en matière d’horaires et de conditions de travail.
« Les agents de bord ont fait preuve de patience et de professionnalisme tout au long du processus, mais les délais ne peuvent pas se prolonger indéfiniment », a ajouté Alia Hussain.
Le SCFP 8125 affirme toutefois privilégier une entente négociée et souhaite limiter les répercussions sur les voyageurs.
« Nous comprenons l’importance des voyages, particulièrement à l’approche de la saison estivale. Notre objectif demeure d’obtenir une entente juste et durable qui reflète la réalité du travail et la valeur du rôle joué quotidiennement par nos membres », a indiqué la présidente du syndicat.
WestJet défend son modèle de rémunération
Dans un document explicatif publié sur son site Web, WestJet affirme que ses agents de bord sont rémunérés selon un système d’« heures-crédit », qu’elle décrit comme le modèle de rémunération standard pour les équipages de cabine en Amérique du Nord.
Une heure-crédit, équivalente à une heure de vol, constitue une unité de rémunération utilisée pour compenser un ensemble de tâches, et non seulement le temps passé en vol.
La compagnie précise que les « heures-bloc » commencent lorsque l’appareil quitte la porte d’embarquement et se terminent lorsqu’il arrive à sa porte de débarquement.
La compagnie aérienne rejette l’affirmation selon laquelle ses agents de bord effectuent du travail non rémunéré.
« Le système d’heures-crédit prévoit une rémunération calculée selon une méthode différente du temps de service. Les heures-crédit sont calculées et payées conformément à la convention collective », précise la compagnie.
« L’ensemble du temps de service, au sol comme en vol, est rémunéré conformément à la convention collective. »
WestJet ajoute que son système comprend des garanties minimales et diverses protections permettant d’augmenter la rémunération lorsque les journées de travail se prolongent au-delà de ce qui était prévu.