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Jeudi,  16 juillet 2026   10:20
Carburant, profits et moteurs: les grands défis de l’industrie aérienne selon l’IATA


Des centaines de dirigeants du secteur aérien se sont réunis cette semaine à Rio de Janeiro pour l’assemblée générale annuelle de l’Association du transport aérien international, où les discussions ont principalement porté sur la flambée des coûts du carburant, l’érosion des profits et les problèmes persistants de fiabilité des moteurs.

Alors que la conférence, tenue du 6 au 8 juin, tirait à sa fin, des informations ont fait état de nouvelles frappes entre Iran et Israël, les premières depuis le cessez-le-feu conclu en avril.

Pour les dirigeants des compagnies aériennes, déjà confrontés à plusieurs mois de perturbations depuis les premières attaques américaines et israéliennes contre l’Iran en février, cette nouvelle escalade rappelle l’incertitude qui continue de marquer l’industrie en 2026.

Pour l’instant, la plupart des transporteurs adoptent une approche prudente et préfèrent attendre de voir comment la situation évoluera.


La pression sur les profits s’accentue

Selon l’IATA, les coûts du carburant ont fortement augmenté depuis le début du conflit avec l’Iran, et les compagnies aériennes devraient absorber quelque 100 milliards de dollars supplémentaires en dépenses de carburant cette année.

Combinée aux fermetures d’espaces aériens et au ralentissement de la demande dans certaines régions touchées, cette hausse pourrait pratiquement réduire de moitié les profits mondiaux du secteur.

Selon Willie Walsh, les bénéfices nets de l’industrie devraient passer de 45 milliards de dollars en 2025 à 23 milliards en 2026. Les marges bénéficiaires reculeraient quant à elles de 4,2 % à seulement 2 %.


La demande demeure solide… pour le moment

Malgré l’augmentation des tarifs aériens, les compagnies rapportent que les voyageurs continuent de réserver leurs vols.

Des dirigeants de transporteurs comme Etihad Airways et United Airlines affirment que la demande demeure robuste, ce qui permet d’atténuer une partie de l’impact de la hausse des coûts d’exploitation.

Le chef de la direction de United Airlines, Scott Kirby, a indiqué que les clients continuaient à réserver malgré une hausse d’environ 20 % des tarifs, lesquels pourraient encore augmenter si les prix du carburant poursuivent leur ascension.

Les dirigeants du secteur demeurent toutefois prudents quant à la capacité des consommateurs à absorber durablement ces hausses.


Les commandes d’avions restent soutenues

Les constructeurs Airbus et Boeing continuent d’enregistrer une forte demande pour leurs appareils, plusieurs modèles populaires étant déjà vendus pour une bonne partie de la prochaine décennie.

Malgré l’incertitude économique, les compagnies aériennes maintiennent leurs projets d’expansion de flotte à long terme, certaines envisageant même d’augmenter leurs commandes actuelles.


Les transporteurs plus fragiles davantage à risque

Les dirigeants de l’industrie ont averti que des prix du carburant durablement élevés pourraient placer davantage de compagnies aériennes en difficulté financière, particulièrement les transporteurs à bas prix, dont les marges sont plus faibles.

La récente faillite de Spirit Airlines a notamment été citée comme exemple des effets que peuvent avoir les coûts du carburant sur des entreprises déjà confrontées à des défis opérationnels et financiers.

Selon Willie Walsh, certaines compagnies pourraient disparaître ou être acquises par de plus grands transporteurs.

« Malheureusement, je crois que certains transporteurs auront beaucoup de difficulté à composer avec ces prix élevés du carburant. » Il estime également que plusieurs compagnies pourraient supprimer des liaisons moins rentables afin de protéger leur rentabilité.


Les problèmes de moteurs continuent de peser

Les défis de l’industrie sont également aggravés par les retards persistants dans les livraisons d’avions d’Airbus et de Boeing, ainsi que par les goulots d’étranglement touchant la production de moteurs chez GE Aerospace et Pratt & Whitney.

Ces difficultés limitent la capacité des compagnies à agrandir leurs flottes et à améliorer leur efficacité opérationnelle.

Comme déjà rapporté, Air Canada fait notamment face à des retards dans la livraison de ses nouveaux appareils Airbus A321XLR.

Willie Walsh a indiqué que les compagnies aériennes sont de plus en plus frustrées par les problèmes persistants de chaîne d’approvisionnement, particulièrement alors que les fabricants de moteurs continuent d’afficher de solides résultats financiers.

Selon lui, les perturbations de la chaîne d’approvisionnement ont coûté environ 11 milliards de dollars américains à l’industrie aérienne l’an dernier.

« Nous sommes déçus qu’ils n’avancent pas plus rapidement. Nous sommes déçus qu’ils ne partagent pas davantage les difficultés que vit l’industrie aérienne », a-t-il affirmé.

Bien que des fabricants comme GE Aerospace et Rolls-Royce travaillent à améliorer la fiabilité de leurs moteurs et à accroître leurs capacités de réparation, les compagnies soutiennent que les problèmes persistent et continuent d’entraîner des perturbations opérationnelles et des coûts supplémentaires.

Le président-directeur général de WestJet, Alexis von Hoensbroech, a décrit les nouveaux moteurs, qui permettent des économies de carburant de 15 % ou plus par rapport aux générations précédentes, comme de véritables « merveilles d’ingénierie ».

« Toutefois, lorsqu’on repousse les limites de la technologie, cela se fait parfois au détriment de la fiabilité. Nous constatons tous que ces moteurs doivent être retirés du service pour des entretiens non planifiés beaucoup plus souvent que les générations précédentes », a-t-il expliqué.

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