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Bilinguisme à bord : le SCFP critique une mesure temporaire d’Air Canada
Selon la composante Air Canada du SCFP, Air Canada a informé ses employés, le 3 juillet, qu’elle réduira temporairement la présence d’agents de bord bilingues sur certains vols internationaux exploités en gros-porteurs.
D’après le syndicat, certains vols qui comptaient auparavant deux membres d’équipage de cabine bilingues n’en compteraient désormais qu’un seul. La mesure devrait rester en vigueur jusqu’à l’automne.
Toujours selon le syndicat, le porte-parole d’Air Canada, Christophe Hennebelle, a indiqué que la mesure toucherait une douzaine de liaisons internationales au départ de Toronto (YYZ) et de Vancouver (YVR), notamment Vancouver–Manille et Toronto–Osaka.
Une mesure temporaire durant la haute saison estivale
La composante Air Canada du SCFP reproduit dans sa publication un message interne attribué à Andrew Yiu, vice-président – Service en vol et Air Canada Rouge.
Dans ce message, Air Canada explique qu’à l’approche de la pointe estivale, ses activités à Montréal-Trudeau (YUL) connaissent une hausse importante des vols nécessitant du personnel de cabine bilingue.
La compagnie indique que, les années précédentes, ces besoins étaient notamment comblés par de nouvelles embauches, mais que des retards de livraison d’appareils et des ajustements d’horaires ont cette année réduit les possibilités d’accroître le nombre d’employés bilingues pendant l’été.
Air Canada indique donc procéder à un ajustement temporaire de la couverture bilingue sur certaines liaisons exploitées en gros-porteurs. Le message précise que certaines affectations d’équipage sur des liaisons outre-mer seront assurées avec un seul membre d’équipage bilingue plutôt que deux, et ce, jusqu’à l’automne.
La compagnie affirme que la décision n’a pas été prise à la légère et qu’elle tient notamment compte des commentaires de son équipe des Langues officielles. Elle dit avoir examiné plusieurs options de planification afin de limiter les répercussions sur les équipages tout en continuant de respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.
« Veiller à ce que les clients reçoivent un service dans la langue officielle de leur choix demeure toujours une priorité absolue », affirme Air Canada dans le message reproduit par le syndicat.
Pendant le repos du membre d’équipage bilingue...
Le message interne précise également la marche à suivre si des clients francophones ont besoin d’aide pendant que le membre d’équipage bilingue est en période de repos prévue.
Les autres membres d’équipage pourraient alors recourir à différentes ressources pour faciliter la communication, notamment des traductions essentielles, l’application Traduire disponible sur les appareils fournis par la compagnie, du contenu en français dans le système de divertissement à bord – par exemple les menus – ainsi qu’AéroVocab.
Le message mentionne aussi des annonces préenregistrées en français pour certaines situations particulières. Il précise notamment que des enregistrements liés aux turbulences peuvent être diffusés en plaçant l’iPad du directeur de bord contre le système de sonorisation et en lançant la lecture.
Air Canada affirme que l’approche retenue vise des liaisons où les répercussions opérationnelles peuvent être gérées et où une présence réduite de membres d’équipage bilingues peut être maintenue de façon durable dans le cadre de l’horaire d’été.
Le SCFP déplore un manque de consultation
Dans sa publication, la composante Air Canada du SCFP critique non seulement la décision, mais aussi la façon dont elle aurait été prise.
Le syndicat affirme avoir appris le changement au même moment que ses membres, sans préavis ni véritable consultation, et sans possibilité de discuter au préalable de ses répercussions opérationnelles, contractuelles, de sécurité et de service.
Le syndicat soutient par ailleurs qu’il soulève depuis plusieurs années auprès d’Air Canada ses préoccupations concernant la pénurie d’agents de bord qualifiés sur le plan linguistique. Il affirme avoir encouragé à plusieurs reprises la compagnie à investir de façon proactive dans le recrutement et dans une formation linguistique complète destinée aux employés souhaitant obtenir une qualification linguistique.
Selon le SCFP, la mesure constitue « une solution à court terme » à un problème de dotation qu’il juge structurel et à long terme.
«Pas un substitut adéquat» à un agent bilingue, selon le SCFP
La composante Air Canada du SCFP reconnaît que les applications de traduction, les annonces préenregistrées, les guides de conversation et les documents de référence à bord peuvent être utiles dans certaines circonstances.
Elle estime toutefois que ces outils « ne constituent pas un substitut adéquat à un agent de bord bilingue pleinement formé » capable de communiquer efficacement avec les passagers, particulièrement lors de la gestion de perturbations, de situations médicales, d’urgences ou d’autres événements nécessitant une intervention rapide.
Le syndicat affirme également que plusieurs membres lui ont déjà fait part de préoccupations quant à la capacité de la compagnie d’offrir de façon constante un service dans les deux langues officielles tout en maintenant le niveau de service attendu par les passagers.
Air Canada soutient pour sa part, dans le message interne reproduit par le SCFP, que la mesure lui permet de continuer à respecter ses obligations en vertu de la Loi sur les langues officielles.
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