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Aviation commerciale : entre montée en puissance et zones de turbulence
Lors d’un webinaire organisé par Cirium Ascend Consultancy, en partenariat avec MUFG, des experts ont dressé un portrait contrasté du transport aérien commercial en 2025. Reprise confirmée, mais menacée par plusieurs vents contraires.
Tarifs douaniers sous surveillance
Les tensions commerciales et les tarifs douaniers apparaissent comme un risque majeur pour la demande, l’offre et la valeur des appareils. « Les tarifs posent un risque à tous les paramètres, que ce soit la demande, l’offre ou la valeur des appareils », a résumé Max Kingsley-Jones, de Cirium Ascend Consultancy.
Les données montrent déjà un recul continu du fret international depuis la mi-mai sur les marchés liés à l’Amérique du Nord.
Pour Simon Finn, de MUFG, la forte mondialisation du secteur rend les chaînes d’approvisionnement particulièrement vulnérables : les constructeurs doivent choisir entre répercuter les coûts sur leurs clients ou les absorber.
Production toujours en retard
Les avionneurs peinent à retrouver leurs cadences d’avant la pandémie, freinés par des chaînes d’approvisionnement encore fragiles.
Cirium a réduit de 3 % sa prévision de livraisons pour 2025, avec seulement 40 % de l’objectif révisé atteint au premier semestre.
Airbus a livré 232 appareils de la famille A320neo, soit 38 % de son objectif annuel, tandis qu’une quarantaine attendent encore leurs moteurs LEAP du constructeur CFM International.
Boeing progresse plus rapidement, mais reste confronté aux mêmes contraintes.
Moteurs : le principal goulot d’étranglement
La disponibilité des moteurs freine les livraisons. Les moteurs LEAP de CFM, qui équipent une large part des nouveaux monocouloirs, sont au cœur des retards. Au premier semestre 2025, CFM a fourni 54 % des moteurs des A320neo livrés.
Cap sur la prochaine génération
Malgré ces obstacles, les fabricants avancent sur leurs futurs modèles. Airbus planche sur un nouveau monocouloir dont le lancement est visé pour 2030 et les premières livraisons pour 2038.
Les carnets de commandes restent solides : Airbus et Boeing ont enregistré plus de 1000 commandes nettes au premier semestre 2025, frôlant déjà le total de 2024.
Un concurrent chinois en ligne de mire
À plus long terme, la Chine pourrait s’imposer avec Comac, soutenu par une volonté politique affirmée de produire un avion commercial indigène.
Comme Airbus à ses débuts, Comac pourrait devenir un acteur majeur, mais pas avant une dizaine d’années, a estimé Simon Finn.
Plus de détail (en anglais) : Commercial aviation in 2025: cruising or climbing?