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Air Canada réduit les commissions à compter du 1er juillet: vive déception chez les détaillants
Air Canada a confirmé à PAX qu’elle réduira les taux de commission versés aux agences de voyages canadiennes à compter du 1er juillet 2026.
La confirmation fait suite à l'envoi, le 1er juin, d'une communication aux agences partenaires accompagnée d'une nouvelle grille de « prime à l’émission de billets » applicable aux ventes admissibles réalisées au Canada.
Une réduction confirmée
Questionnée par PAX, la compagnie aérienne confirme qu’il s’agit bel et bien d’une réduction des taux de commission.
« La mesure annoncée (…) à nos partenaires est nécessaire, car les changements structurels du marché exigent une approche plus équilibrée et durable des coûts. Ceci, afin de garantir qu’Air Canada demeure solide, compétitive et bien positionnée pour créer de la valeur dans l’ensemble de l’écosystème du voyage, alors que nous amorçons une phase importante de croissance avec notre plan stratégique », indique Vincent Gauthier-Doré, directeur général – Ventes Canada et États-Unis d’Air Canada.
Le dirigeant ajoute :
« Il s'agit d'une réduction du taux de commission à compter du 1er juillet sans autres modifications fondamentales des programmes. »
Dans une lettre adressée aux agences, François Choquette, directeur général des ventes mondiales d’Air Canada, reconnaît également que les changements annoncés se traduiront par « des montants de commission inférieurs à ceux offerts dans le cadre du programme actuel ».
« Le marché dans lequel nous évoluons continue de se transformer. Afin de nous adapter à ces nouvelles conditions et d’assurer la solidité à long terme de notre entreprise, nous devons faire évoluer certains aspects de notre structure commerciale », explique-t-il.
« Il s’agit d’une décision difficile, mais nécessaire afin de garantir qu’Air Canada demeure solide, compétitive et bien positionnée pour créer de la valeur dans l’ensemble de l’écosystème du voyage », ajoute M. Choquette.
Dans une déclaration transmise à PAX News, le porte-parole d'Air Canada, Peter Fitzpatrick, a précisé que la hausse des coûts du carburant fait partie des facteurs ayant mené à cette décision. Il évoque également les pressions exercées sur les coûts, l'incertitude du marché ainsi que l'évolution des technologies, notamment l'intelligence artificielle.
« Nous sommes confrontés à d'importantes pressions sur les coûts », affirme M. Fitzpatrick. Selon lui, les coûts de vente par l'entremise des agences augmentent plus rapidement que les revenus générés, une situation qu'Air Canada juge difficilement soutenable à long terme.
Cela dit, Air Canada s’abstient de préciser publiquement l’ampleur exacte de la réduction, invoquant le caractère confidentiel de ses ententes commerciales avec les agences.
Une nouvelle grille de rémunération
Les documents obtenus par PAX font état d'une nouvelle grille de rémunération devant entrer en vigueur le 1er juillet. Il demeure difficile d'établir si les réductions observées sont uniformes d'une agence à l'autre, certaines modalités contractuelles pouvant varier.
Selon les documents consultés, plusieurs catégories de ventes admissibles seraient visées par une réduction des commissions versées aux agences. Les paramètres observés varient notamment selon les marchés, les classes tarifaires et certaines conditions prévues au programme.
Les documents prévoient également l'absence de commission sur les tarifs Économique de base ainsi que sur les groupes.
Une annonce mal accueillie
PAX s'est entretenu avec quelques détaillants à la suite de l'annonce d'Air Canada. Si plusieurs indiquaient être encore en train d'évaluer les répercussions réelles des nouveaux taux de commission sur leurs activités, le sentiment dominant était celui de la déception.
« Je trouve ça un peu cheap de la part d'Air Canada », a résumé l'un d'eux.
Sans surprise, l'annonce d'Air Canada est également mal accueillie par les associations représentant les détaillants.
Le président de l'AAVQ, Moscou Côté, dit comprendre les pressions auxquelles les transporteurs sont actuellement confrontés…
Il estime néanmoins la décision décevante pour les agences. M. Côté met en avant qu'une réduction d'un point de pourcentage sur une commission de 5 % représente tout de même une baisse de 20 % du revenu de commission d'une agence.
L’ACTA se montre également « vivement préoccupée et déçue » par la décision d'Air Canada. La présidente, Suzanne Acton-Gervais, estime également que le moment choisi et le court délai de transition soulèvent des inquiétudes. « Ces changements ont surpris de nombreuses agences qui avaient déjà pris des décisions d'affaires, d'embauche et d’investissement en fonction des ententes en vigueur », dit-elle.
L'Association indique avoir déjà rencontré Air Canada à deux reprises au sujet du dossier et précise avoir également porté ses préoccupations devant le gouvernement fédéral. L’ACTA fait valoir que les commentaires recueillis auprès des membres partout au pays laissent croire que les réductions annoncées auront « un impact important sur de nombreuses entreprises ».
Une question de principe
Pour sa part, le président de l'AAVQ nuance que l'impact financier réel par billet demeure relativement limité. « Il ne faut pas s'enfarger dans les fleurs du tapis : oui, 20 %, ça paraît beaucoup, mais en fin de compte, ça ne représente quand même que quelques dollars » [par dossier], illustre-t-il.
Selon lui, plusieurs agences pourront absorber cette diminution grâce aux frais de service qu'elles facturent déjà à leurs clients.
Pour Moscou Côté, l'enjeu relève toutefois davantage d'une question de principe que d'un véritable choc financier. Il souligne d’ailleurs qu’Air Canada aurait pu atteindre ses objectifs autrement qu’en révisant la rémunération versée aux agences.
Selon lui, une hausse tarifaire de quelques dollars sur certains billets aurait vraisemblablement été acceptée par les voyageurs sans provoquer de réaction significative du marché. « Je pense que les consommateurs accepteraient de payer ces 3 ou 4 $-là sans rechigner », résume-t-il.
Tout en reconnaissant les défis économiques actuels invoqués par Air Canada, le président de l'AAVQ appelle donc la compagnie à rétablir les taux de commission antérieurs lorsque les conditions du marché le permettront.
Il s'agit de la reconnaissance du rôle des conseillers
« Ce débat dépasse la simple question des commissions. Il s'agit de la reconnaissance du conseil professionnel et du rôle que jouent les conseillers pour générer des revenus, soutenir les consommateurs et fortifier l’industrie du voyage au Canada », observe pour sa part Suzanne Acton-Gervais.
« Les conseillers sont des partenaires de confiance incontournables de notre écosystème, et leur contribution mérite d’être valorisée et rémunérée à sa juste valeur », conclut-elle.
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