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Air Canada et Airbus s'unissent pour accélérer le carburant d'aviation durable au Canada
Air Canada et Airbus annoncent leur intention de créer une plateforme conjointe de co-investissement afin de soutenir le développement, à l’échelle commerciale, d’une industrie canadienne du carburant d’aviation durable (CAD ou SAF).
Les deux entreprises prévoient investir environ 13,7 millions de dollars canadiens, soit 10 millions de dollars américains, dans cette initiative destinée à accélérer la décarbonation du secteur aérien.
Selon les deux partenaires, cet investissement pourrait servir de catalyseur pour l’ensemble de l’écosystème canadien du SAF, à condition qu’il soit accompagné d’un cadre de politiques publiques favorable.
Soutenir un projet canadien de SAF
L’un des principaux objectifs de la plateforme consistera à faire progresser un projet canadien de production de SAF jusqu’à une décision finale d’investissement.
Les deux entreprises souhaitent également poursuivre leur collaboration avec les gouvernements fédéral et provinciaux afin de favoriser la mise en place des conditions nécessaires au développement d’une production nationale.
Elles mènent notamment des activités de représentation aux côtés de la Coalition canadienne pour le carburant d’aviation durable (C-SAF).
Les partenaires estiment qu’une meilleure harmonisation entre les initiatives de l’industrie et les politiques publiques permettrait de stimuler la production canadienne, d’améliorer la compétitivité des prix et de rendre les carburants renouvelables plus accessibles au secteur aérien.
« Air Canada est fière de contribuer à la transition énergétique du secteur de l’aviation au Canada. Grâce à cette initiative conjointe avec Airbus, nous posons des gestes concrets pour appuyer la production nationale de SAF, aider les entreprises clientes à réduire les émissions issues de leurs déplacements d’affaires et contribuer à une trajectoire à plus faibles émissions pour l’ensemble du secteur », a déclaré Valerie Durand, vice-présidente, Affaires aéroportuaires, Immobilier de l’entreprise et Développement durable chez Air Canada.
« Avec une collaboration soutenue de l’industrie et un cadre de politiques publiques favorable, nous sommes convaincus que cet élan pourra s’accélérer », a-t-elle ajouté.
De son côté, Julie Kitcher, responsable du développement durable et des communications chez Airbus, souligne que la décarbonation de l’aviation nécessitera une collaboration étroite au sein de l’industrie ainsi que des investissements à long terme dans de nouvelles sources d’énergie renouvelable.
« En lançant cette plateforme de co-investissement et en prenant un engagement à long terme envers le programme de voyages Laisser moins d’Air Canada, nous contribuerons à stimuler la production et la demande de SAF au Canada », a-t-elle affirmé.
Airbus adhère au programme Laisser moins
En parallèle, le constructeur aéronautique a signé une entente de cinq ans dans le cadre du programme Laisser moins.
Ce programme destiné aux entreprises permet aux participants d’acquérir des attributs environnementaux vérifiés associés au SAF afin de réduire les émissions sur l’ensemble du cycle de vie liées aux déplacements d’affaires de leurs employés.
Pour sa première allocation, Airbus fera l’acquisition d’attributs environnementaux correspondant à plus de 60 000 litres de SAF.
Le transporteur canadien assurera le suivi des émissions de gaz à effet de serre générées par les déplacements d’affaires d’Airbus et retirera, au nom de l’entreprise, les attributs environnementaux correspondants.
Les deux partenaires précisent toutefois que ces réductions ne remplacent pas les efforts directs visant à réduire les émissions à la source. Elles doivent plutôt contribuer au développement de la demande et de l’offre de SAF.
Un potentiel économique de 32 G$
L’annonce survient parallèlement à la publication d’une étude macroéconomique réalisée par Airbus et ICF sur le potentiel canadien en matière de biocarburants pour l’aviation.
Selon cette étude, une production canadienne de SAF couvrant 40 % de la demande nationale en carburant d’aviation d’ici 2040 pourrait ajouter 32 milliards de dollars au produit intérieur brut du pays et soutenir la création de 140 000 emplois.
Ces retombées pourraient notamment profiter aux secteurs agricole et forestier, ainsi qu’aux régions urbaines où seraient implantées les installations de production.
Les deux entreprises estiment que leur plateforme pourrait contribuer à accélérer le développement de cet écosystème canadien et à générer des retombées économiques et environnementales supplémentaires.
Un élément de la stratégie de décarbonation
Le SAF désigne une famille de carburants d’aviation de remplacement produits à partir de matières premières renouvelables plutôt que de sources fossiles.
Sa composition chimique est semblable à celle du carburant conventionnel, mais son utilisation peut permettre de diminuer l’intensité carbone sur l’ensemble du cycle de vie du carburant.
Chez Air Canada, le recours au SAF vient compléter la modernisation de la flotte, qui comprend notamment l’intégration d’appareils plus écoénergétiques comme l’Airbus A321XLR et l’Airbus A220, construit au Canada.
Les deux partenaires réitèrent par ailleurs leur appui à l’objectif de carboneutralité du secteur aérien d’ici 2050, porté notamment par l’IATA, l’ATAG et l’OACI.