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Air Canada double sa capacité vers l’Inde en raison des perturbations aériennes au Moyen-Orient
Air Canada doublera sa capacité vers l’Inde ce mois-ci en ajustant temporairement son réseau long-courrier en réponse aux restrictions d’espace aérien et aux enjeux de sécurité au Moyen-Orient.
La compagnie aérienne a publié une mise à jour sur son compte X mardi 3 mars.
« Avec la situation actuelle au Moyen-Orient, du 7 au 21 mars nous ajoutons une fréquence pour offrir un service Toronto–Delhi deux fois par jour et nous utilisons des avions plus grands sur certains vols Toronto–Londres–Mumbai afin d’offrir davantage d’options d’itinéraires », écrit la compagnie.
Cette annonce survient alors que de nombreuses compagnies aériennes ont annulé des vols à la suite de fermetures d’espace aérien au Moyen-Orient. Les tensions se sont intensifiées depuis le 28 février, lorsque des frappes menées par les États-Unis et Israël contre l’Iran – suivies de représailles iraniennes – ont provoqué une escalade de la violence dans la région.
Un « trou dans le ciel »
Les fermetures d’espace aérien cette semaine ont laissé ce que le service voyage de CNN a décrit comme un « trou dans le ciel ».
Comme la plupart des compagnies aériennes ne peuvent plus utiliser l’espace aérien russe et ukrainien depuis le début de la guerre, le Moyen-Orient est devenu un corridor encore plus essentiel pour les vols reliant l’Europe et l’Asie.
La région abrite certaines des plus grandes plaques tournantes aériennes du monde – l’aéroport international de Dubaï (DXB), l’aéroport international Hamad (DOH) et l’aéroport international Zayed (AUH) – ainsi que des transporteurs mondiaux comme Emirates, Qatar Airways et Etihad Airways, dont les modèles d’affaires reposent sur des réseaux long-courriers reliant l’Est et l’Ouest.
Lorsque cet espace aérien est fermé, les répercussions se font rapidement sentir.
À ce propos, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) rappelle que la sécurité de l’aviation civile demeure la priorité absolue lorsque des conflits menacent l’espace aérien. L’organisme souligne que les États ont la responsabilité de fermer leur espace aérien lorsque la sécurité est compromise et de coordonner les mesures nécessaires afin de maintenir des flux de trafic sûrs.
Les vols doivent ainsi emprunter des itinéraires plus longs, ce qui augmente la durée des trajets et la consommation de carburant, tout en perturbant la rotation des avions et les horaires des équipages – autant de facteurs qui font grimper les coûts.
Les appareils peuvent se retrouver hors position, les équipages peuvent être immobilisés et l’incertitude opérationnelle s’intensifie.
Les effets se répercutent aussi sur l’exposition aux assurances, la tarification des billets – certains rapports faisant déjà état d’une hausse marquée des prix – et la viabilité financière globale des opérations aériennes.
Ernest Arvai, analyste aéronautique chez AirInsight aux États-Unis, a expliqué au média The National que des détours de deux à trois heures pour les avions gros porteurs pourraient ajouter environ 6000 à 7500 dollars par heure de vol aux coûts d’exploitation.
« Les pertes dépendront du type d’appareil et de sa structure de coûts », indique-t-il.
Il précise que les pertes financières proviennent de deux sources : « la perte de revenus liée aux annulations ou aux retards de vols, et l’augmentation des coûts d’exploitation due au temps de vol supplémentaire, au carburant, aux équipages et à des taux de remplissage plus faibles si les passagers préfèrent éviter la région pendant un conflit ».
Le Canada demande l’accès à l’espace aérien d’Oman
Pendant ce temps, le Canada explore des options pour rapatrier des voyageurs bloqués.
La ministre canadienne des Affaires étrangères, Anita Anand, a demandé l’accès à l’espace aérien d’Oman « si nécessaire » afin d’aider à évacuer des citoyens canadiens du Moyen-Orient.
S’exprimant devant le Toronto Board of Trade, Anita Anand a fait ces commentaires alors que le département d’État américain annonçait l’organisation de vols militaires et nolisés pour les Américains souhaitant quitter le Moyen-Orient, à la suite de démarches similaires de la part d’autres pays.
Elle a souligné que la principale préoccupation du Canada dans le contexte du conflit impliquant l’Iran est la sécurité des citoyens canadiens dans la région, précisant que l’espace aérien d’Oman demeurait « viable » ce matin-là.
Ottawa n’organise toutefois pas pour l’instant d’évacuation dirigée par le gouvernement.
Selon Affaires mondiales Canada, plus de 97 000 Canadiens ont enregistré leur présence dans la région.
Reprise partielle des opérations aéroportuaires
L’espace aérien au Moyen-Orient commence à rouvrir, mais le processus demeure lent et graduel en raison de la volatilité de la situation militaire.
Après plus de 48 heures de fermeture complète, Dubai Airports, desservi notamment par Emirates, indique que des vols reprennent, mais de façon limitée.
Peu après 18 h lundi 2 mars, l’autorité responsable de l’aéroport international de Dubaï (DXB) et de l’aéroport international Al Maktoum (DWC) a confirmé qu’un « petit nombre de vols » serait autorisé à opérer.
Les vols dans ces deux aéroports avaient été suspendus le 28 février, lorsque les Émirats arabes unis ont fermé leur espace aérien à la suite des attaques contre l’Iran menées par les États-Unis et Israël.
Ces frappes ont déclenché des actions de représailles dans la région du Golfe, y compris aux Émirats arabes unis.
Les fermetures ont laissé des milliers de voyageurs bloqués à Dubaï et ailleurs, tandis que les autorités tentent de trouver des hébergements temporaires pour les passagers en transit et ceux qui devaient partir.
Alors que les services reprennent graduellement, les passagers sont invités à ne pas se rendre aux aéroports DXB ou DWC à moins que leur compagnie aérienne ne les ait contactés directement avec une heure de départ confirmée.
Abu Dhabi Airports, où se trouve le hub d’Etihad Airways, a également annoncé la reprise partielle des opérations à l’aéroport international d’Abou Dhabi (AUH) lundi.
Israël envisage par ailleurs une réouverture graduelle de son espace aérien plus tôt que prévu la semaine prochaine, selon des médias locaux.
Qatar Airways, basée à Doha, a pour sa part indiqué mercredi 4 mars que ses opérations de vol demeurent temporairement suspendues en raison de la fermeture de l’espace aérien du Qatar.
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