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Ukraine : l’UNESCO chiffre à 3,5G$ les dommages sur la culture et le tourisme après 2 ans de guerre
Deux ans après le début de l’invasion de l’Ukraine, l’UNESCO estime à près de 3,5 milliards de dollars le coût total des dégâts de la guerre sur la culture et le tourisme du pays.
Il s’agit d’une hausse de 40 % par rapport à l’impact de 2,6G$ estimé il y a un an.
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4779 biens culturels et touristiques endommagés
La troisième évaluation faite par l’UNESCO (en collaboration avec la Banque mondiale, le gouvernement ukrainien, la Commission européenne et les Nations unies) porte sur un total de 4779 biens culturels et touristiques signalés comme endommagés par les autorités ukrainiennes.
Il s’agit de sites et bâtiments à valeur patrimoniale (2,41 G$ de dégâts) ; de biens culturels mobiliers, de collections et de dépôts culturels (161 M$) ; de bâtiments et ateliers dédiés aux industries culturelles et créatives (262 M$) ; et d’installations touristiques (650 M$).
La région de Kharkiv est de loin la plus touchée (près de 25 % des dégâts recensés), suivie par celles de Donetsk (14,7 %) et d’Odessa (7,6 %).
Depuis février 2022, le secteur de la culture et du tourisme a également accumulé une perte de revenus de 19,6G$ (+30% en un an), dont plus de la moitié s’élève à 10,6G$ pour la seule ville de Kyiv, principalement liée à la chute de la fréquentation touristique et au fort ralentissement des industries créatives.
Selon l’UNESCO, il faudra mobiliser près de 9G$ de 2024 à 2033 pour financer les efforts de relèvement et de reconstruction. Ce besoin de financement s’est accru de 30% en un an.
Ouvrir la voie de la reconstruction
L’UNESCO a amorcé plusieurs chantiers de consolidation et de réparation, notamment à Odessa (musée des Beaux-Arts, musée d’Archéologie, Maison des scientifiques) et dans plusieurs musées de Kyiv.
À Odessa, dont le centre historique est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial depuis janvier 2023, l’Organisation va également installer prochainement, grâce au soutien de l’Italie, un toit provisoire sur la Cathédrale de la Transfiguration, qui permettra de protéger la nef des intempéries le temps que soient conduits les travaux de reconstruction.
![À Odessa, la cathédrale de la Transfiguration a été endommagée par des frappes russes en juillet 2023. L’UNESCO va installer prochainement, grâce au soutien de l’Italie, un toit provisoire sur le monument, afin de protéger la nef des intempéries le temps que soient conduits les travaux de reconstruction. [Photo de gauche : UN News © UNOCHA/Saviano Abreu / Photo de droite : ©UNESCO/Taras Osipov]](/storage/app/media/uploaded-files/ukraine-lunesco-chiffre-a-35g-les-dommages-sur-la-culture-et-le-tourisme-apres-2-ans-de-guerre-2.png)
66M$ mobilisés par l’UNESCO pour pallier l’urgence
Pour répondre aux besoins les plus urgents, l’UNESCO a mobilisé depuis 2 ans plus de 66 M$ auprès de ses États membres et du secteur privé. Le Japon, à lui seul, a soutenu les efforts de l’Organisation en Ukraine à hauteur de près de 26 M$.
Ces fonds ont permis la mise en œuvre de dizaines d’actions de court et moyen termes pour la culture, le patrimoine, l’éducation et les médias. L’Organisation a également ouvert un bureau de liaison à Kyiv pour coordonner l’ensemble de ses opérations, il se compose actuellement d’une équipe d’une vingtaine de personnes.
![La cathédrale de la Transfiguration à Odessa en 2019. [Wikipedia / Konstantin Brizhnichenko] Intérieur de la cathédrale après le raid aérien de 2023. [Mvs.gov.ua – ministère ukrainien des Affaires intérieures]](/storage/app/media/uploaded-files/la-cathedrale-de-la-transfiguration-a-odessa-en-2019-wikipedia-konstantin-brizhnichenko-interieur-de-la-cathedrale-apres-le-raid-aerien-de-2023-mvsgovua-ministere-ukrainien-des-affaires-interieures.png)
Prévenir les dommages
Depuis le printemps 2022, l’UNESCO accompagne la protection des biens culturels avec la livraison de matériel d’urgence et la mise en place de systèmes de gestion des risques. Elle conseille les professionnels ukrainiens de la culture sur les meilleures façons de mettre les œuvres à l’abri ou encore de renforcer les dispositifs de prévention des incendies.
L’UNESCO a aussi initié la numérisation 3D et l’inventorisation des biens culturels à Kyiv, Lviv, Odessa ou encore Tchernihiv. Ces données constituent une base documentaire indispensable à la reconstruction. Couplées à une coordination régionale des services de police et de justice, elles permettent aussi de lutter contre le trafic illicite de biens culturels.
Formation de 1600 professionnels de la culture
Depuis deux ans, l’UNESCO et ses partenaires ont formé plus de 1600 professionnels de la culture afin de renforcer les capacités des institutions nationales et locales dans toute l’Ukraine, dont la majorité du personnel n’avait jamais été confronté à des situations d’urgence.
Les formations prodiguées portent notamment sur l’évaluation des dommages, la sécurisation des collections muséales et des bâtiments historiques, mais aussi la préservation du patrimoine vivant.
Soutien à la vie culturelle
L’UNESCO a financé des résidences pour près de 100 artistes en exil. Elle agit aussi pour la poursuite des activités culturelles en Ukraine. À ce titre, elle vient d’octroyer des bourses à 14 nouveaux projets artistiques à travers le pays.
Dans cette même démarche de soutien à la communauté artistique et culturelle de l’Ukraine, un centre culturel de l’UNESCO ouvrira à Lviv mi-2024, grâce à un financement de l’Espagne.
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![Un bâtiment endommagé dans le centre de Kharkiv, en Ukraine. [© UNOCHA/Matteo Minasi]](/storage/app/media/uploaded-files/image1024x768.jpg)