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Les fraudeurs sont de retour! L’ATOQ donne des trucs pour contrer leurs manigances


Les fraudeurs sont de retour! L’ATOQ donne des trucs pour contrer leurs manigances

Ils avaient modéré leurs ardeurs durant la pandémie, mais les voilà de retour – apparemment plus retors que jamais ! Les fraudeurs ciblent les agences de voyages de plus belle, en présentiel, en distanciel, par téléphone ou par courriel…

Et malheureusement, plusieurs pros tombent dans le panneau, constate l’ATOQ (Association des tours-opérateurs du Québec), en proposant ses conseils pour contrer ce fléau.


LIRE PLUS – Avec la reprise des voyages, les fraudeurs sont aussi de retour !   


Quand c’est trop beau pour être vrai…

« Les méthodes des fraudeurs demeurent sensiblement les mêmes qu’avant la pandémie », nous explique la représentante d’un membre de l’ATOQ.

« Il y a le fraudeur qui est sur place et qui va se présenter en agence pour acheter un billet très simple entre Montréal et une autre ville du monde – Paris, New York, Casablanca, etc. – avec un départ dans les semaines suivantes. Il présente une carte de crédit à son nom. Jusqu’ici, tout semble normal... »

La même démarche peut être faite par téléphone, mentionne notre interlocutrice, avant de poursuivre :

« Peu après cette visite (ou cet appel), le même individu – qui a maintenant établi une "relation de confiance" – recontacte l’agence pour acheter des vols ne touchant pas Montréal cette fois, mais plutôt Abidjan et Casablanca par exemple. Les billets sont souvent pour d’autres voyageurs, avec des noms à consonance africaine. Pour le paiement, il souhaite utiliser différentes cartes – dont le titulaire n’est jamais le passager... »

À cette étape, plusieurs drapeaux rouges devraient être levés. Quand c’est trop beau pour être vrai, il faut présumer qu’il y a anguille sous roche, tranche notre interlocutrice.


Drapeaux rouges !

Il en va de même pour ces courriels louches que les agences reçoivent en grand nombre. Ils sont parfois un peu bizarres, bourrés de fautes. Ils sont fréquemment signés par une personne censée inspirer la confiance, comme un docteur, un révérant ou une personne en position d’autorité…

« C’est un pattern récurrent et pas très subtil. On voit vite que quelque chose cloche », commente notre interlocutrice.

Instinctivement, devant de tels cas, la plupart des conseillers lèvent un drapeau rouge. Mais pas toujours ! Car les fraudeurs lancent leur ligne encore et encore, jusqu’à ce qu’un poisson finisse par mordre à l’hameçon.

Selon notre interlocutrice, alors que les conseillers en voyages sont extrêmement occupés par les temps qui courent, les fraudeurs profitent du fait que certains n’ont pas le temps (ou ne le ne prennent pas) de faire toutes les vérifications souhaitables.

Travaillant pour un fournisseur membre de l’ATOQ, notre interlocutrice prend bien soin, pour sa part, de vérifier chaque dossier sur l’Afrique individuellement, contactant l’agence au moindre doute. Elle doit parfois faire face à des agents hostiles, convaincus que leur client n’est pas un fraudeur, confie-t-elle.


« Il faut être patients et tenaces… »

Qui plus est, comme on a affaire à des réseaux de fraude bien rodés, une carte peut paraître tout à fait légitime à vue d’œil – sans nécessairement l’être.

Or, vérifier la légitimité d’une carte auprès des institutions émettrices peut être long et difficile puisque celles-ci rechignent de plus en plus à valider l’information.

« Il faut être patients et tenaces », soupire notre interlocutrice, en reconnaissant que le refus de certaines institutions est désormais systématique et catégorique. « D’où l’importance d’avoir un plan B », poursuit-elle.

À ce chapitre, elle suggère de faire des recherches en ligne, sur Google, sur les réseaux sociaux. Par exemple, on peut vérifier, sur le site Canada411, que l’adresse qui apparaît sur une pièce justificative correspond bien au nom. On peut aussi vérifier si l’institution émettrice de la carte est canadienne ou étrangère.

« Et si on a des doutes sur un client qui nous a contactés au téléphone, pourquoi ne pas lui demander de passer en agence ? Beaucoup de fraudeurs préfèrent ne pas être vus ! »


Ne jamais baisser la garde !

L’ATOQ s’efforce de sensibiliser régulièrement les conseillers en voyages à la fraude. L’Association constate en effet que la vigilance s’émousse lorsque le sujet ne fait pas la manchette.

Or, la vigilance doit être constante, car les fraudeurs, eux, n’attendent qu’une brèche pour s’engouffrer !

L’ATOQ invite les pros à dénoncer systématiquement les fraudeurs – à faire un rapport à la police s’il le faut ou, à tout le moins, à les rapporter au Centre antifraude du Canada






Les bonnes pratiques, selon l’ATOQ


Devant l’ampleur du phénomène, l’ATOQ juge utile de rappeler les bonnes pratiques pour se protéger des fraudeurs – entre autres (mais pas seulement) dans les cas où le détenteur de la carte n'est pas celui qui voyage; s’il s’agit d’un nouveau client; s’il souhaite voyager vers une destination à haut risque ou à la dernière minute…

« Voici quelques étapes/outils simples et accessibles que vous pouvez utiliser pour vous protéger contre les tentatives les plus flagrantes de fraude. Malheureusement, de nombreuses fois, il y a des cas de fraude qui auraient pu être évités en vérifiant quelques données simples », souligne l’ATOQ.

●  Vérifier la réelle identité du client

Adresse résidentielle : Avec preuve à l’appui (pièce d’identité), demander au client son adresse résidentielle et valider le tout sur Google Maps. « Vous pourriez être surpris et tomber sur une intersection », illustre l’ATOQ.

Numéro de téléphone : Demander au client de fournir un numéro de téléphone à titre de point de contact. Faire une recherche inverse pour valider son adresse à canada411.ca ou à whitepages.com

Médias sociaux : Utiliser les médias sociaux – https://www.facebook.com/" rel="noopener noreferrer" target="_blank">Facebook, LinkedIn ou canadapeoplefinder – afin de s’assurer que le profil existe et que tout semble normal.


●  Vérifier les cartes de crédit

Évitez les cartes de crédit étrangères : Utiliser le « bin checker » pour obtenir le nom et le pays de la banque émettrice de la carte de crédit. Il suffit d’entrer les 6 premiers chiffres à binlist.net. « Si la carte est émise par une banque étrangère, refusez la transaction », recommande l’ATOQ.

Vérifier les informations sur le titulaire de la carte de crédit : vérifier son nom, son adresse, son numéro de téléphone et/ou son adresse courriel en contactant la compagnie.

  • Visa : 800-847-2911, choisir les options 1, 3 et 2
  • Mastercard : 800-247-4623 (il faudra entrer le numéro de la carte de crédit)
  • Amex : 800-528-2121, choisir option 1, indiquer les choix, option 1

Utilisation de plusieurs cartes de crédit : Un voyant rouge devrait s’allumer si le client fournit différentes cartes lorsque la précédente est refusée, souligne l’ATOQ.


●  Être attentif à l’origine de la demande de réservation

Transaction par téléphone ou par courriel: En cas de doute, l’agent devrait demander au client de passer en agence afin de prendre l’empreinte de la carte de crédit et le faire signer – et valider la signature en même temps.

« Si c’est un cas de fraude, le client ne viendra pas en agence, indique l’ATOQ. Par contre, attention : il pourrait être prêt à vous fournir tous les documents nécessaires, y compris une copie de passeport ! Mais tous ces documents seront faux ! »

Transaction en personne (client à l’agence) : Il pourrait s’agir de la situation décrite au début de ce texte.

« C’est un pattern régulièrement vu par les agences victimes de fraudes. On vous met en confiance, on se fait ami pour que vous baissiez la garde », souligne l’ATOQ, en recommandant la plus grande vigilance.


●  Si le voyageur n’est pas le détenteur de la carte de crédit...

« À moins de connaître votre passager de longue date, sachez que les cas de fraudes ont toujours lieu avec une carte dont le détenteur n’est pas le passager », souligne l’ATOQ. 


●  Gare aux destinations à risque et aux départs de dernière minute

Destinations à haut risque : L’ATOQ observe actuellement que les fraudes touchent plus souvent des billets dont les points de départ et d’arrivée ne sont pas au Canada, mais entre des villes d’Afrique, ou entre le Mexique et l’Asie par exemple.

Par ailleurs, toute destination devient à haut risque si plusieurs des éléments mentionnés auparavant ont été cochés.

Départs de dernière minute : Dans la situation décrite au début de ce texte, le client réserve d’abord un vol entre Montréal et Paris avec départ dans deux semaines, puis d’autres vols avec départs le jour même ou dans les 72 heures. « Et il changera de carte de crédit », précise l’ATOQ, en soulignant qu’un voyant rouge doit alors s’allumer et clignoter très fort.


●  En cas de doute : pas de vente !

« N'oubliez pas : ces personnes sont membres d’organisation criminelle bien organisées et qui connaissent les rouages de notre industrie. Si vous avez un doute, suivez votre instinct ! Partagez vos doutes avec votre patron, un collègue ou avec votre agent de réservation qui pourront vous guider. Mais au moindre doute : pas de vente ! » conclut l’ATOQ.





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