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Jeudi,  12 mars 2026   9:22
Voyages aux USA: l'ASTA critique l’exigence ESTA de divulguer l’historique des réseaux sociaux
[CBP : capture d'écran]


L’ASTA a exprimé ses préoccupations auprès du U.S. Customs and Border Protection (CBP) au sujet de modifications proposées au système Electronic System for Travel Authorization (ESTA).

Le projet, rappelons-le, obligerait les voyageurs du Programme d’exemption de visa à divulguer jusqu’à cinq années d’historique sur les réseaux sociaux dans le cadre du processus ESTA.


Protection de la vie privée, enjeux économiques et concurrentiels

« L’ASTA appuie pleinement la responsabilité du gouvernement fédéral de protéger la sécurité nationale et de préserver l’intégrité de nos frontières », déclare Peter Lobasso, vice-président principal, Affaires de l’industrie et conseiller juridique général d’ASTA.

« Toutefois, la collecte obligatoire de données issues des réseaux sociaux soulève d’importantes préoccupations en matière de protection de la vie privée, ainsi que des enjeux économiques et concurrentiels qui méritent un examen attentif et une plus grande transparence », enchaîne-t-il.


[ASTA]


Un manque de précisions sur la portée et le traitement des données

Dans ses commentaires, l’ASTA souligne l’absence de précisions dans l’avis publié par le CBP.

En effet, le document ne précise pas quelles plateformes seraient visées, comment les demandeurs devraient authentifier leurs comptes, comment les historiques incomplets seraient traités ni de quelle façon les informations seraient analysées, conservées ou protégées.

Selon l’organisation (qui représente plus de 300 000 Américains employés par des agences de voyages aux États-Unis), en l’absence de ces éléments, il est difficile pour les parties prenantes d’évaluer les impacts opérationnels et économiques de la mesure proposée.


Des inquiétudes chez les voyageurs internationaux

L’ASTA mentionne que des conseillers en voyages, qui accompagnent régulièrement leurs clients dans des démarches d’entrée complexes, rapportent une inquiétude croissante chez les voyageurs internationaux.

L’examen par les autorités gouvernementales de l’activité sur les réseaux sociaux, sans normes clairement définies, pourrait être perçu comme intrusif et disproportionné pour des séjours de courte durée à des fins d’affaires ou de tourisme.

L’organisation avance que cette incertitude pourrait dissuader certains visiteurs admissibles de choisir les États-Unis comme destination.


Des enjeux économiques importants

L’ASTA rappelle qu’en 2024, les visiteurs internationaux ont dépensé 251,6 G$US aux États-Unis en biens et services liés au voyage et au tourisme. Elle souligne également que les États-Unis feraient face à un déficit commercial touristique de 50 G$US en 2025, après des décennies d’excédents.

Selon l’ASTA, l’ajout de nouvelles barrières à l’entrée pourrait affaiblir davantage le tourisme récepteur à un moment où son renforcement devrait constituer une priorité nationale.


Risque de mesures de réciprocité

Par ailleurs, l’ASTA met aussi en garde contre la possibilité que l’obligation de divulguer l’historique des réseaux sociaux entraîne des mesures de réciprocité de la part de gouvernements étrangers.

Les citoyens américains voyageant à l’étranger pourraient alors être soumis à des régimes élargis de collecte de données et à des normes d’examen variables.

Une telle situation pourrait, selon l’ASTA, freiner la demande de voyages à l’étranger et affecter les agences de voyages, les voyagistes, les compagnies aériennes et les entreprises connexes établies aux États-Unis.


Risque d’accroître les délais de traitement des demandes ESTA

Enfin, selon l’ASTA, l’élargissement des exigences de vérification pourrait accroître les délais de traitement des demandes ESTA, créant de l’incertitude pour les voyageurs d’affaires et d’agrément et augmentant le risque de retards ou d’annulations de voyages.

L’ASTA invite donc le CBP à évaluer soigneusement la valeur sécuritaire anticipée de la mesure proposée par rapport à ses conséquences potentielles en matière de vie privée, d’économie et de concurrence, et de fournir davantage de détails sur la portée et la mise en œuvre de toute nouvelle exigence.


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