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Jeudi,  14 mai 2026   12:38
Surcharges non commissionnables: l’AAVQ consulte ses membres en vue d’une riposte
Éric Boissonneault, Moscou Côté et Karo-Lyn Fournier de l’AAVQ. [Captures d’écran]

La « réunion participative informative » tenue le 8 avril par l’AAVQ à propos des nouvelles surcharges non commissionnables imposées par certains grands voyagistes a rassemblé jusqu’à 215 agents et conseillers en voyages.

D’entrée de jeu, le président de l’AAVQ, Moscou Côté, et le vice-président, Éric Boissonneault, ont exposé le problème que représentent, selon eux, ces nouvelles surcharges.

Ils ont pris soin d’établir une distinction entre un transporteur imposant un supplément de carburant dans un contexte de hausse marquée des coûts et un voyagiste appliquant un tel supplément sans être directement exposé à ces variations.


Un mécanisme hérité de 2008

Les dirigeants de l’Association ont rappelé que le concept de surcharge a été introduit en 2008 afin de permettre aux voyagistes d’ajuster les prix affichés dans les brochures, alors considérées comme des publicités devant être honorées selon les règles de l’Office de la protection du consommateur (OPC).

À l’époque, ces surcharges n’étaient pas commissionnables et devaient demeurer limitées afin de répondre aux exigences légales. Or, même si les brochures ont depuis disparu, ces montants n’ont pas été retirés : ils ont plutôt continué d’augmenter au fil des années.

L’AAVQ relève que cette progression s’est poursuivie malgré une diminution de plus de 50 % du prix du carburant entre 2008 et 2025. Éric Boissonneault a ironisé sur ces solutions temporaires qui deviennent permanentes...


« Trop, c’est trop ! »

L’Association souligne que les hausses récemment proposées, de l’ordre de 50 $, pourraient porter les « fausses taxes et surcharges » à plus de 600 $ par passager chez certains voyagistes.

« C’est la goutte qui fait déborder le vase », a commenté Éric Boissonneault, en rappelant que les taxes gouvernementales réelles avoisinent 275 $ par passager.

Selon l’AAVQ, les « fausses taxes et surcharges » représentent une part excessive de revenus non commissionnables pour les agences, pouvant dépasser 350 $ par passager. « Trop, c’est trop ! » a résumé Moscou Côté.

Si on se fie aux commentaires exprimés lors de la réunion, que ce soit par clavardage ou de vive voix, les participants partageaient largement l’opinion de l’AAVQ, qui estime que la situation témoigne d’un manque de respect envers les partenaires.


Des options à l’étude

L’AAVQ a évoqué plusieurs pistes de solution au cours de la rencontre, pouvant aller de l’inaction (l’acceptation de la situation) à des recours juridiques de l’Association contre les fournisseurs concernés.

Le président Moscou Côté a présenté quelques scénarios intermédiaires – qu’il privilégie personnellement aux scénarios extrêmes.

Parmi les pistes envisagées figure l’idée de proposer aux fournisseurs de plafonner les surcharges non commissionnables (par exemple à 500 $). L’excédent deviendrait alors commissionnable, ce qui se traduirait potentiellement par une hausse minime (quelques dollars) du coût du forfait.

Moscou Côté n’exclut pas le recours à un avocat… Mais pas dans le cadre d’un recours collectif (vraisemblablement impossible) ni pour intenter un recours au nom de l’AAVQ elle-même – ce qui reviendrait à une « déclaration de guerre », selon lui.

« Nous ne souhaitons pas partir en guerre contre nos partenaires, mais nous voulons être traités en partenaires », a-t-il précisé.

Le recours à un avocat, s’il y a lieu, pourrait plutôt se traduire par l’envoi de mises en demeure individuelles par les membres aux fournisseurs concernés, afin de récupérer les sommes jugées dues.


Un sondage à venir

Dans les prochains jours, l’Association prévoit transmettre à ses membres un sondage présentant cinq ou six options possibles. Les résultats doivent permettre de mieux cerner la position des membres et de définir un éventuel mandat d’action.



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