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Serge Malaison : «Face à la guerre tarifaire de Trump, l’ACTA est là pour vous!»
Pax Nouvelles s’est entretenu avec Serge H. Malaison, président du conseil d’administration d’ACTA Québec, en marge de l’événement « Au Tour du Monde "Viva" », tenu mercredi (5 mars) à l’hôtel Hyatt Centric de Montréal.
L’événement, rappelons-le, a fait salle comble avec près de 125 conseillers et partenaires de l’Association. Il aurait pu en accueillir davantage de participants, puisque la liste d'attente comptait une quarantaine de noms, révèle Serge Malaison.
« Je crois qu’actuellement, on a tous besoin de se serrer un peu, de prendre un petit verre ensemble, et penser à autre chose pendant un moment », commente-t-il, faisant allusion à la guerre commerciale déclenchée par l’administration Trump contre le Canada.
« Ce qui est intéressant, c'est que certains membres de l’ACTA se sont fait accompagner de non-membres et que plusieurs de ces derniers pourraient envisager de devenir membres », poursuit M. Malaison.
Il précise que l’expansion du membership constitue un objectif clé pour l’ACTA, dont l’influence repose sur la taille de ses membres. « Un membership important accroît l’impact de nos efforts », dit-il.
Dans le même esprit, Serge Malaison souligne que l'ACTA bénéficie de sa présence d'un océan à l'autre, représentant ainsi les conseillers en voyage de tout le Canada.
« Nous sommes très présents au Québec, et nous avons une approche toute spéciale pour le Québec. Mais nous avons également une véritable vision pan-canadienne », précise-t-il.
L’éléphant dans la pièce : Donald Trump…
Bien que l'objectif principal de la rencontre de mercredi était officiellement le réseautage, l’ACTA n’a pu ignorer l’éléphant dans la pièce. En effet, Donald Trump et sa guerre commerciale étaient au centre de toutes les discussions.
Serge Malaison ne cache pas son inquiétude face aux défis actuels auxquels sont confrontés les conseillers et les agences de voyages. Déjà éprouvées par la pandémie, de nombreuses entreprises doivent maintenant composer avec les effets de ce conflit.
La situation entraîne un boycottage des États-Unis par une partie de la clientèle, une dépréciation du dollar canadien qui alourdit le coût des voyages ainsi qu’un climat d’incertitude généralisé. « C’est une crise différente de celle de la COVID, mais elle est tout aussi grave, sinon pire », estime-t-il.
Néanmoins, il observe un phénomène inattendu : un regain de solidarité parmi les Canadiens, y compris au Québec. « J’ai des amis souverainistes qui se disent fiers d’être Canadiens. Une véritable flamme patriotique s’est allumée », note-t-il.
![Serge H. Malaison, président du conseil d’administration d’ACTA Québec. [Pax Global Media]](https://www.paxnews.com/storage/app/media/uploaded-files/capture-decran-le-2025-03-07-a-131907.png)
Une réorientation des choix de destinations
Alors que plusieurs voyageurs québécois réévaluent leurs options, Serge Malaison observe que plusieurs tendances se dessinent parmi ceux qui souhaitent voyager, mais éviter les États-Unis.
Certains se tournent vers des destinations locales, au Québec ou ailleurs au Canada, favorisant notamment les circuits en autocar. D’autres privilégient des séjours à l’international, notamment en Europe, où le Portugal, l’Espagne, l’Italie et la Grèce figurent parmi les choix populaires cette année.
Les croisières, pour leur part, s’exposent à des répercussions en raison de la prédominance des compagnies américaines ainsi que du fait que plusieurs itinéraires débutent aux États-Unis.
Cela dit, Serge Malaison remarque que plusieurs clients maintiennent leur projet de voyage en mer, quitte à réduire leur séjour terrestre précroisière, évitant ainsi de dépenser aux États-Unis.
Quoi qu’il en soit, M. Malaison reste convaincu que les conseillers en voyages mettront tout en œuvre, une fois de plus, pour s’adapter aux circonstances.
« Il ne faut pas minimiser l’ampleur du défi : ce qui nous attend sera très difficile. Mais les conseillers en voyages ont souvent démontré leur agilité, leur polyvalence et leur résilience face à d’autres grandes crises », dit-il, en évoquant notamment la pandémie et les attentats terroristes de septembre 2001.
LIRE PLUS – «Extrêmement préoccupée» par les tarifs de Trump, l’ACTA appelle les conseillers à agir
Un appel à l’action
Face à ces enjeux, l’ACTA encourage les professionnels du voyage à se mobiliser. Entre autres, l’Association exhorte les conseillers à écrire à leurs représentants – ministres, députés, sénateurs... – pour leur faire part de la réalité du terrain et des défis financiers rencontrés – alors que plusieurs n’ont pas encore terminé de rembourser leurs prêts liés à la pandémie !
« C’est primordial que les gouvernements, autant celui du Canada que ceux du Québec et des autres provinces, comprennent à quel point la dynamique est difficile actuellement », plaide M. Malaison.
« Le gouvernement comprend bien la situation quand il s’agit des grandes industries comme l’automobile ou l’aluminium… Mais il doit prendre conscience que nous sommes aussi touchés en plein cœur et que nous allons avoir besoin de soutien », poursuit-il.
Dans cette optique, l’ACTA prévoit pour sa part des rencontres avec des représentants du gouvernement fédéral et celui du Québec dès la semaine prochaine afin d’évaluer les mesures de soutien envisageables pour l’industrie.
En train d'étudier ce qui serait stratégiquement utile…
Lorsqu'on lui demande quelles pourraient être ces mesures, Serge Malaison préfère ne pas entrer dans les détails. « Nous sommes en train d'étudier ce qui pourrait être stratégiquement utile », explique-t-il.
« Nous avons des discussions à ce sujet au sein des conseils régionaux de l’ACTA à travers le pays. » À ce propos, il précise : « Mon conseil d'administration au Québec est vraiment exceptionnel : tout le monde travaille d'arrache-pied pour faire avancer les choses ! »
Et bien sûr, les échanges se poursuivent activement au niveau national, puisque les présidents des différents chapitres provinciaux sont également membres du conseil d'administration de l’ACTA Canada.
Par ailleurs, l’ACTA tient également à consulter ses membres. L’Association tiendra deux webinaires, l’un en anglais le 11 mars et l’autre en français le 13 mars. Ces événements offriront aux professionnels du voyage l’occasion de partager leurs préoccupations et de contribuer à l’élaboration des demandes adressées aux gouvernements.
« C’est très important pour nous de consulter notre base et de s'assurer qu’elle comprend nos démarches et qu’elle les appuie », indique Serge Malaison.
« Dès que nous aurons identifié les mesures les plus stratégiques pour traverser la tourmente, nous démarcherons activement les gouvernements pour les obtenir. Nous prévoyons d'agir rapidement », ajoute-t-il.
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Un message d’unité et d’espoir
Malgré les turbulences, Serge Malaison se veut optimiste. « Tous les matins, je vais travailler à mon agence avec le sourire. C’est important de garder le moral, tant pour soi que pour son équipe », affirme-t-il.
« Mais en même temps, il faut être réalistes : tout ça ne s'arrêtera pas demain matin. Il faudra travailler fort, tous ensemble; trouver des solutions, tous ensemble… », enchaîne M. Malaison.
Il insiste sur la nécessité de la solidarité au sein du secteur :
« Dans le domaine du voyage, nous formons une grande famille. Cette crise, on va mieux la traverser, je crois, si on la traverse en famille, en se serrant les coudes. Justement, l’ACTA est un lieu de rassemblement ! Pour ceux qui n’en sont pas membres, c’est le temps d’y adhérer ! »
« Notre message à l’industrie, c’est : "Nous sommes là pour vous !" », conclut-il.
![Serge H. Malaison, président du conseil d’administration d’ACTA Québec. [Pax Global Media]](https://www.paxnews.com/storage/app/media/uploaded-files/1741380979342.jpeg)
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